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Longboard ou skateboard : lequel choisir selon ton usage

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Longboard ou skateboard : lequel choisir selon ton usage

Le skateboard mesure 70 à 80 cm et sert à sauter. Le longboard mesure 84 à 150 cm et sert à rouler. Tout le reste découle de cet écart : roues, trucks, posture, terrain. Tu veux des tricks, prends un skate. Tu veux avaler du bitume, prends un longboard.

Ce qui sépare les deux planches, chiffres à l’appui

La longueur, premier écart

La fiche Planche à roulettes de Wikipédia en français situe le skateboard classique entre 28 et 33 pouces de long, soit 70 à 80 cm. La fiche Longboard de Wikipédia en anglais donne 84 à 150 cm pour un longboard, soit 33 à 59 pouces. Les deux gammes se touchent à peine : le plus long des skates commence là où le plus court des longboards s’arrête.

Cet écart ne relève pas du style. Une planche longue écarte les pieds, allonge l’empattement, stabilise la trajectoire et ralentit la mise en virage. Une planche courte fait l’inverse sur les quatre points.

La construction creuse encore la différence. Un deck de street empile sept à douze couches fines de bois séché et collé, généralement de l’érable canadien, d’après Wikipédia en français. Le résultat est rigide et renvoie l’énergie du pop. Beaucoup de longboards ajoutent du bambou, de la fibre de verre ou du carbone pour obtenir du flex, ce rebond qui absorbe les défauts de revêtement et rend le dancing praticable. Rigide pour sauter, souple pour rouler : la logique tient en cinq mots.

La largeur et l’appui sous le pied

Côté largeur, le skate va de 7,4 pouces pour le street à 9,5 pouces pour le bowl, toujours selon Wikipédia en français. Le longboard démarre là où le skate s’arrête : 22,8 à 25,4 cm, soit 9 à 10 pouces.

Un deck large donne de l’appui et rassure en réception. Un deck étroit se retourne vite sous le pied. Sur une planche de street, ce choix se joue au quart de pouce, et notre guide de taille par pointure donne la fourchette de départ.

Les roues, le vrai point de bascule

Sous la planche, les deux mondes divergent franchement.

  • Skateboard : diamètres courants de 45 à 60 mm, duretés 92A, 95A, 99A ou 101A selon l’usage, d’après Wikipédia en français.
  • Longboard : diamètres de 60 à 100 mm, duretés de 75 à 85A pour le cruising et la descente, 85 à 97A pour le bowl et le slide.

Une roue grande et tendre avale le gravier, garde sa vitesse et filtre les vibrations. Une roue petite et dure relance plus vite, colle au coping et part en powerslide sans arracher la gomme.

Résultat ? Un skate monté en 54 mm et 99A se bloque sur un caillou que le longboard n’aurait pas senti. À l’inverse, tenter un flip sur des roues de 80 mm ne mène nulle part : la gomme remonte contre le bois et la planche se bloque en virage. Notre guide pour choisir ses roues de skate détaille cet arbitrage entre diamètre et dureté.

Le diamètre n’explique pourtant pas tout. La surface de contact compte autant. Sur un longboard, la largeur de roue s’étale de 50 à 100 mm, le plus souvent entre 60 et 70 mm selon Wikipédia en anglais, contre une bande nettement plus étroite sur une roue de street. Plus la surface au sol est large, plus la roue accroche et plus le décrochage demande d’engagement. C’est précisément le réglage que cherchent les riders de freeride : une gomme assez tendre pour tenir en courbe, assez fine pour partir en slide contrôlé.

Trois roues de skateboard de tailles différentes posées côte à côte sur du béton clair

Trucks : kingpin vertical contre reverse kingpin

Le truck traduit ton appui en angle de virage. Wikipédia distingue deux familles : les trucks reverse kingpin, dont le kingpin est placé sur la face extérieure de l’axe, et les trucks classiques à kingpin vertical.

Le reverse kingpin équipe la quasi-totalité des longboards. Il tourne ample, revient doucement au centre et reste lisible quand la vitesse monte. Le kingpin vertical du skate réagit court : idéal pour verrouiller un grind, nerveux dès que la vitesse grimpe.

Ces géométries ne se substituent pas l’une à l’autre. Des trucks de street sous une planche de 44 pouces donnent un engin qui plonge en courbe et se met à osciller sans prévenir.

La largeur d’axe obéit à la même règle. Les essieux doivent affleurer les rails de la planche : trop courts, les roues rentrent sous le deck et la stabilité chute en réception ; trop longs, le levier de virage s’allonge et la planche devient molle. Sur un plateau de 9 à 10 pouces, cela impose des trucks bien plus larges que sur un deck de street de 8 pouces.

Les bushings, ces gommes qui entourent le kingpin, terminent le réglage. Fermes, ils verrouillent la trajectoire quand la vitesse monte. Tendres, ils rendent la courbe accessible à faible allure. Un même truck change de caractère selon la paire montée, et beaucoup de riders déçus par leur planche n’ont en réalité jamais touché à ce réglage.

Le poids, l’encombrement et le transport

Un longboard s’emporte moins facilement, et la différence se sent au bout de dix minutes de marche. Les formats l’expliquent : un pintail courant mesure 110 cm, soit 44 pouces, et les planches de boardwalking grimpent jusqu’à 2,10 m, d’après Wikipédia en français.

En face, un deck de 32 pouces se glisse dans un sac, se pose debout dans un couloir et rentre sous une table de cours.

Le critère paraît trivial. Il décide pourtant beaucoup d’achats, parce qu’une planche impossible à transporter reste au placard.

Le rangement compte aussi sur la durée. Une planche de 2 mètres ne tient ni dans un casier ni derrière une porte, et le format long supporte mal d’être empilé sous d’autres affaires : le flex travaille et le plateau finit voilé. Un deck court se pose à la verticale et se déplace à la main sans y penser.

Longboard pintail et deck de street posés debout côte à côte contre un mur béton

Lequel pardonne le plus les premières semaines ?

Le longboard, sans discussion. Trois raisons mécaniques :

  • l’empattement long stabilise la trajectoire et laisse le temps de corriger un déséquilibre ;
  • les roues de 60 à 100 mm franchissent fissures et gravillons au lieu de s’arrêter dessus ;
  • la gomme tendre, autour de 80A pour la route, encaisse les vibrations qui déstabilisent un débutant.

Un deck court pardonne moins. Ses roues de 45 à 60 mm s’immobilisent sur un caillou, et la planche s’immobilise avec. La première semaine sur une planche de street sert surtout à apprendre à tomber correctement.

Le freinage sépare les deux apprentissages plus encore que l’équilibre. Sur un longboard, poser le pied au sol suffit tant que la vitesse reste modérée, et ce foot brake s’acquiert en une session. Au-delà, il ne suffit plus, et le slide devient obligatoire : un geste technique qui réclame des gants à pucks et de la place devant soi. Sur un deck court, le powerslide et le saut hors de la planche servent d’arrêt d’urgence, à condition de rouler lentement. Prendre un longboard rapide sans savoir freiner, c’est se mettre en difficulté dès la première pente.

La position de base, elle, reste identique. Pied avant en travers au niveau des vis, poussée du pied arrière, regard loin devant. Ce qui s’acquiert sur un longboard se transpose sur un skate, et la réciproque fonctionne aussi. Notre guide pour choisir son premier skateboard reprend cette progression pas à pas.

Les tricks : terrain réservé à la planche courte

Un longboard ne sort pas de kickflip. Le niveau n’a rien à voir là-dedans, la mécanique si : le tail d’un deck de 32 pouces se claque parce que la masse à faire pivoter reste faible et proche du pied arrière. À 44 pouces et au-delà, le levier disparaît.

Ce format court est aussi celui de la compétition officielle. Le skateboard est entré au programme olympique à Tokyo, Jeux disputés en 2021, avec deux épreuves, street et park, reconduites à Paris en 2024. Les deux se courent sur des planches de street.

La forme du plateau achève l’explication. Un deck de street relève le nose et le tail, creuse un concave entre les rails et donne au pied deux points d’appui francs pour claquer, guider puis rattraper la planche. Un longboard classique reste plat ou faiblement concave, parfois percé en drop-through pour abaisser le plateau sous les trucks. Cette géométrie gagne en stabilité ce qu’elle abandonne en pop.

Cela dit, le long a ses propres figures. Cross-step, pirouettes, transitions du dancing : elles s’exécutent en roulant, planche à plat, sans jamais quitter le sol.

Se déplacer en ville, le match le plus serré

Sur un trajet quotidien, les deux tiennent la route, mais pas sur le même revêtement.

Le longboard prend l’avantage dès que le sol se dégrade. Avec une gomme de 75 à 85A et un diamètre qui monte jusqu’à 100 mm, la planche efface les joints de dalles et les pavés lisses. Chaque poussée porte plus loin, donc la fatigue arrive plus tard.

Le skate reprend la main sur les parcours hachés. Trottoirs, escaliers, portillons, couloirs : le deck court se ramasse d’un coup de pied et se porte sous le bras. Une roue de 54 mm passe une bordure au ollie là où une roue de 90 mm oblige à descendre.

En pratique, le facteur décisif tient au nombre d’arrêts. Beaucoup d’arrêts sur le parcours, prends court. Bitume ouvert et peu d’interruptions, prends long. Les spots street de Lyon montrent bien ce type de terrain haché où le format court garde l’avantage.

Skateur vu de dos roulant sur une piste cyclable bordée d’arbres en fin de journée

Vitesse et descente : le longboard sans rival

La descente creuse l’écart le plus net. Le record du monde de vitesse en skateboard debout appartient au Britannique Peter Connolly, avec 146,73 km/h atteints à Les Éboulements, au Québec, le 16 septembre 2017, homologué par le Guinness World Records. La planche employée est un longboard de descente.

Ce chiffre dit surtout vers quoi tend la géométrie longue : trucks reverse kingpin, grandes roues, empattement étiré, tout converge vers la stabilité à vitesse élevée. Un deck de street entre en oscillation bien avant ces valeurs, et cette oscillation ne se rattrape pas.

Descendre vite réclame du matériel dédié et de la protection. Casque intégral et gants à pucks font partie du montage, pas des accessoires.

Dancing, freeride, boardwalking : ce que le skate ne couvre pas

Wikipédia en français recense huit familles de pratique du longskate : cruising, carving, dancing, downhill, boardwalking, bowl, long distance pushing et freeride. Une planche de street en couvre deux, le bowl et une forme de cruising.

Trois pratiques n’ont aucun équivalent sur format court :

  • le dancing, enchaînement de pas croisés sur une planche flexible qui roule à vitesse constante ;
  • le boardwalking, marché sur des planches qui atteignent 2,10 m ;
  • le long distance pushing, poussée continue sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Si l’une de ces trois te parle, la question longboard ou skateboard est déjà tranchée.

Longboard flexible posé à plat sur une allée goudronnée, feuilles mortes autour

Le cruiser, la réponse intermédiaire

Entre les deux formats, le cruiser existe. Deck court, souvent monté avec des roues tendres empruntées au longboard et un tail utilisable pour lever la planche.

Le principe : garder un gabarit transportable et récupérer la douceur de roulage du long. La contrepartie est mécanique. Des roues de 60 mm et plus sous un deck court rapprochent la gomme du bois, et la roue vient mordre la planche en virage serré si la hauteur de trucks ne suit pas.

Le montage se corrige avec des risers ou des bushings plus fermes. Notre guide d’entretien du matos couvre ces réglages, valables sur les trois formats.

La grille de décision en trois cas

Tu veux apprendre des figures

Skateboard, deck entre 7,75 et 8,25 pouces, roues de 52 à 54 mm en 99A. Aucun format long ne remplace ce montage, quelle que soit ta motivation.

Tu veux rouler, pas sauter

Longboard, planche de 90 à 110 cm, roues autour de 70 mm en 78 à 80A, trucks reverse kingpin. Le confort passe devant la maniabilité, et la fatigue recule sur les longs trajets.

Tu hésites encore entre les deux

Cruiser en premier achat, ou deux planches à terme. Beaucoup de riders finissent avec deux montages figés plutôt qu’un compromis unique, parce qu’un setup hybride se démonte à chaque changement de programme et finit par coûter en pièces ce qu’il économise en planches.

Prochaine étape : mesure la distance réelle de tes trajets et compte tes arrêts sur un aller simple. Ces deux chiffres tranchent mieux que n’importe quelle fiche technique.